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Impressions de stage


Pâques 2004



Un groupe de 26 enseignants de tous âges avaient décidé de s'engager avec taxibrousse asbl durant les vacances de Pâques. Un programme particulièrement lourd les attendait: rencontres avec des enseignants, visite d'écoles et animations conduites généralement par les enfants eux-mêmes, soutien en matériel à 15 établissements scolaires situés à Dakar et en brousse, ré-ouverture d'une école maternelle sur l'île de Dionewar, mise en contact avec les bébés d'une pouponnière, réunion pédagogique...Bref, un travail incroyable!!!
Ceux qui souhaitaient voir leur budget s'appliquer à des objectifs particuliers: paiement annuel des carnets de santé de plusieurs familles, matériel de bibliothèque pour Palmarin, pharmacies pour les 15 écoles partenaires, construction de tableaux noirs ... ont atteint leurs buts sans la moindre anicroche.

Les efforts que ces enseignants ont réalisés pour accompagner Taxibrousse asbl et le travail qu'ils ont fait avec leurs élèves pour récolter du matériel neuf ou de l'argent - et ce parfois plusieurs mois avant leur départ - ont connu un/des aboutissement(s) concrets durant ce stage extraordinaire... D'ailleurs, ils vous en parleront bien mieux que je ne le ferais.

Un an après, Marie-France nous livre ses impressions avec du recul.
Voilà déjà bientôt un an, le 04.04.04, que je m'envolais à bord d'un avion en direction du Sénégal. J'ai la sensation que c'était hier...
Cette formidable aventure, je l'ai vécue grâce à "Taxibrousse".
Depuis ce voyage, ma vision de certaines choses a évolué, je relativise beaucoup de situations. Durant ces deux semaines passées dans ce pays magnifique, nous avons vécu tellement d'expériences fortes et enrichissantes que l'Afrique occupera toujours mon quotidien. Toutes ces rencontres et découvertes auront influencé ma vie personnelle et professionnelle! Des visages d'enfants, des couleurs, des paysages, des odeurs...sont encore bien présents dans ma mémoire. Un petit coup de cafard, j'y repense...et ça repart!
Ce souvenir impérissable, je le dois à Jean-Marc et son épouse, Françoise, au groupe exceptionnel que nous formions et surtout à l'accueil chaleureux de la population sénégalaise. A tous un immense MERCI!"
Marie-France Willems (Instit' à Gembloux)

Quinet J-M
Président Taxibrousse asbl




Samedi 17 avril 2004. Fin des vacances de Pâques. A Dakar, une vingtaine d'enseignants embarquent dans l'avion pour Bruxelles. Ils revoient peut-être les images des quinze sites éducatifs (pouponnières, écoles maternelles et primaires, lycées d'enseignement moyen) visités pendant leur séjour de deux semaines, la conviction des enseignants rencontrés sur place, l'enthousiasme joyeux et la chaleur des enfants, la complexité de la situation scolaire au Sénégal.
Trente enfants, une classe surpeuplée ? Allons donc… Ici, à partir de 85 élèves, on pratique le double flux : une moitié de classe le matin, l'autre l'après-midi. A l'enseignant de faire face. C'est l'ère du partage, de la débrouille et de la bonne volonté. L'immersion sénégalaise apporte vraiment aux professeurs-stagiaires un éclairage nouveau et des échanges de vue sur l'éducation de l'enfant, l'approche de la matière, la place de l'école dans la vie familiale, la problématique des infrastructures.
Dans ce contexte, c'est avec pragmatisme et une énergie débordante que la petite équipe de Taxibrousse organise et distribue le capital rassemblé par les enseignants belges, institutrices pour la plupart, d'une inouïe volonté de bien faire : donner un coup de pouce mais avant tout, bien sûr, jeter des ponts, partager du cœur à l'ouvrage. Et pour rentrer au pays, chacun recevra en viatique une bonne dose de féerie : les baobabs du Siné Saloum, la traversée en pirogue vers les écoles les plus éloignées, les sourires des petits qui braillent du Senghor.
Lundi, en classe, vous verrez que même notre sourire aura changé : s'y glisseront les rayons d'un soleil qui rafraîchit des lassitudes, la nostalgie d'une jeune démocratie qui veut croire à ses enfants, l'humour carnassier des paradoxes africains.
Paul Ernst (Enseignant - Bruxelles)


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Après ces 15 jours passés au Sénégal, sur ce continent si attirant et si fascinant, je tenais à vous remercier du fond de mon petit coeur pour chacun des moments que vous m'avez permis de vivre là-bas...

Merci de m'avoir fait découvrir ce pays et tout ce qu'il contient de magnifique et magique : ses habitants, son accueil, sa culture, son ambiance, sa chaleur, et tout le reste qui est si difficile à décrire et pourtant si fort à vivre...
Merci de m'avoir fait entrer dans chacune de ses écoles, de m'avoir permis de rencontrer chacun de ces enseignants, chacun de ces enfants... Merci de m'avoir emmenée dans des endroits simples, vrais, proches de la population locale..., endroits qui me permettaient de retrouver l'Afrique que je recherche et ressens au plus profond de moi...
Merci pour chaque journée, pour chaque instant que vous avez partagé si simplement avec chacun d'entre nous...
Pour tout cela et tout le reste, je tenais à vous dire d'énormes MERCI's... Vraiment, j'ai passé deux semaines riches et intenses à tous niveaux... Et vous y êtes pour beaucoup...
Je suis vraiment admirative devant tout ce que vous entreprenez, je trouve cela vraiment "génial" de voir tout ce que vous faites pour l'Afrique et le Sénégal en particulier..
. Je suis vraiment contente d'avoir fait votre connaissance, d'avoir pu partager de tels moments avec vous, moments qui resteront à jamais gravés au fond de ma mémoire et de mon coeur...
Je vous souhaite vraiment beaucoup de bonnes choses à vivre avec et sans Taxibrousse, en Belgique comme au Sénégal...
Encore une fois MERCI beaucoup...

Céline Thibaut (Enseignante - Bruxelles)

Les écoles dakaroises visitées sont très délabrées : rien au mur, pas de peinture, pas de matériel pédagogique, de très vieux bancs...
Les élèves ont, pour seul matériel, 1 ou 2 petits cahiers fins et un crayon ou un bic. C'est assez pénible de voir dans quel environnement scolaire évoluent ces enfants.
Une classe compte en moyenne 60 à 80 enfants; l'enseignement y est frontal. Comment construire des savoirs avec un nombre impressionnant d'élèves avec un seul maître?
La discipline y est très rigide, cela se ressent. Il en est de même dans les écoles maternelles. Le matériel apporté ou acheté sur place avec l'argent récolté, a fait le bonheur, la joie des écoles. Pour moi, c'est une goutte d'eau dans un océan mais pour eux, c'est un présent inestimable. Cet apport ainsi que les échanges que nous avons eus nous enrichissent mutuellement et nous font progresser.
L' école maternelle Pédiatrie à Dakar - aidée en 2003 grâce à l'apport en matériel et à la rénovation complète en peintures, au mois de juillet 2003, par des scouts, en font une école accueillante où il fait bon vivre.
Grâce au stage de Pâques de cette année et grâce à la motivatioin de notre groupe, il est heureux de savoir aussi qu'une école maternelle sur l'île de Dionewar a pu être réouverte pour un an. (octobre 2004-juin 2005) Que d'émotions fortes en voyant ce dénuement, ce délabrement à côté de nos écoles "5 étoiles".
Et pourtant, je reviens la tête pleine de ces sourires d'enfants et de ces échanges enrichissants.
Marie-Josée Beauve (Directrice - Verviers)


 
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Les visites dans les écoles
Ces enfants dont on raffole
Les regards, les bisous,
Les mains tendues vers vous
Franchir la porte de la classe
D'un regard parcourir l'espace
pas de meubles, ni de matériel
Ni jeux, ni manuels
Pas grand chose, hormis les bancs,
Où sont assis beaucoup d'enfants
Combien d'élèves? Trente ?
Comptage rapide, ils sont 60.
L'enseignant dispense son savoir
A tous ces enfants pleins d'espoir
Ils questionnent, sont curieux
Et parfois carressent vos cheveux
Sont heureux de calculer, écrire ou chanter
Leur hymne national
Pour dire qu'ils aiment le Sénégal!
Ubags Alexandrine (Enseignante - Cointe)

" Taxibrousse, c'est l'aventure…, les aventures devrais-je dire… "
La première, c'est de convaincre et de laisser seuls un mari et des enfants, puis deux semaines plus tard retrouver la maison ! Surprises agréables mais aussi effets secondaires assurés !! Merci à eux.
La deuxième aventure c'est d'entrer dans un projet humanitaire quand on vit dans l'opulence, sans tomber dans le misérabilisme. Merci à Taxibrousse de nous avoir permis de vivre ce projet concret dans le respect des réalités du terrain tout en nous dépassant.
Ensuite chercher et enfin trouver le moyen de récolter de l'argent ou du matériel afin d'aider les différentes écoles et dispensaires partenaires de l'asbl. Ici je remercie les élèves de mon école : l'I.S.F. de Virton qui a porté ce projet avec moi depuis le mois d'octobre 2003 et également les personnes qui ont fait montre de générosité.
L'aventure de partager : chambre, lit, douche, rires, émotions, ordre et surtout désordre avec trois illustres inconnues, merci à Anne, Jocelyne et Véronique qui se sont révélées pleine de patience, d'humour et de gentillesse.
La découverte de l'Afrique de l'Ouest, de sa culture artistique, culinaire, musicale, ses lumières, ses parfums, ses couleurs, son accueil " la teranga ", ses sourires…bref, plein de petits bonheurs qui nous suivent bien après notre retour dans le quotidien.
Taxibrousse asbl c'est l'aventure du partage !

Marie-Anne Schréder (Enseignante - Virton)

Mercredi 14 avril; On franchit la grille et voilà une petite cour de récré en terre. Aussitôt des enfants accourent la main tendue pour vous accueillir d'un "BONJOUR" bien prononcé. ce sont les plus hardis qui ont quitté la classe! En avançant, on aperçoit les autres qui offrent leur sourire ou qui tendent les bras.
Impossible de résister au besoin de câlins de ces petites bouts en tablier bleu. Ils sont heureux et se blotissent contre moi. L'institutrice les rassemble en tapant dans les mains. Ils sont sages et silencieux puis s'écrient "vive la Belgique"!
Pas de mobilier dans la classe, mais trois tapis de sol. Une natte pour les petits, une pour les moyens et une pour les grands. je m'assieds sur la natte des petits qui ne parlent pas le français. Deux petites filles aux tresses soignées s'approchent et s'installent sur mes genoux.
Quelques chansons en français, des comptines, des poésies. Certains osent même chanter ou réciter seuls! Et puis voici une petite danse bien rythmée. La discipline et l'application sont étonnantes, même après 30 minutes.
C'est le moment d'aller dehors pour découvrir une partie du matériel apportée par les toubabs (blancs). On déploie une toile bizarre. Cris de joie et regards interrogateurs. C'est un parachute pour la psychomotricité. Nous faisons une démonstration des possibilités de ce tissu magique. Nous voilà tous, enfants et adultes installés sous cet arc-en-ciel transformé en igloo. Nous chantons : "Trois esquimaux autour d'un brasero..."Puis on éclate de rire..Qu'est-ce qu'ils connaissent de la banquise, ces petits africains?
J'entends encore les cris de joie des enfants et je sais que je ne regarderai plus l'arc-en-ciel comme avant...

Justine (Enseignante - Cointe)

Quelle magnifique expérience!
Partis à 26 inconnus, le 04.04.04, l'aventure avec Taxibrousse au Sénégal commençait.
Dès le premier soir, nous soupions tous ensemble. Rapidement, les langues se délièrent et chacun faisait connaissance dans un climat de respect, d'entraide et d'amitié. C'était bien parti! Vu la qualité du logement, les craintes de l'Inconnue Afrique tombèrent.
Lundi 5 avril : départ dans les écoles! Nous étions curieux de voir comment ils travaillaient, comment ils étaient, comment... bref curieux de découvrir et aussi heureux de leur apporter du matériel scolaire afin qu'un maximum d'élèves puissent disposer du matériel de base.
A peine descendus du bus, nous découvrions les petits quartiers de Dakar. Petites ruelles, un sol très sec, chaud et orange, 30 degrés, des brebis... et de nombreux regards interrogateurs de la part des habitants. Puis, un grand mur, une barrière et derrière cette barrière, des dizaines d'enfants prêts à nous accueillir avec ce qu'il y a de plus beau et qu'ils ont tous : un énorme sourire , des bras accueillants et des yeux pétillants.
Un premier frisson traverse le groupe, les enfants nous touchent les mains. Chacun vit à sa façon cette première rencontre. Certains parlent avec les enfants, d'autres avec les instituteurs, d'autres observent ce nouveau monde. Le matériel est offert et les chants de remerciements commencent pour terminer par l'hymne national !
Tous les matins de la première semaine, les rencontres avec les élèves étaient différentes mais toujours touchantes par leur accueil, leur joie et la qualité des activités qu'ils nous faisiaent vivre.
Certains jours les enfants nous expliquaient leur projet de plantation, d'autres nous guidaient dans un marché. Que d'images et de valeurs reçues en peu de temps. Les fins d'après-midi et les soirées, nous visitions avec Manu et Mass de magnifiques endroits dans Dakar. ( Marché aux poissons, marché artisanal, Ile de Ngor, Gorée, initiation Djembé...)
Nous découvrions aussi, au fil du temps, les différents moyens de transport (taxi, mini-bus, transport en commun!, pirogue...) Chacun a apprécié à sa juste valeur.
La 2e semaine nous sommes allés à la rencontre des écoles de brousse. La route fut longue, plus de 3 h, mais cela en valait la peine. Par rapport à Dakar tout est différent ( le décor, les gens, les constructions). Pendant le trajet, nos yeux ne cessaient d'emmagasiner des images de baobab, de routes en terre rouge, de zébus, de singes, de vautours, d'arbres tels que les fromagers, de villages au sol recouvert de coquillages.
Arrivés à la pointe de Sanghomar, nous nous sommes installés dans nos cases ( chambres) en bord d'océan. Vue splendide, calme et plaisir de partager quelques moments de détente avec tout le groupe réuni.
Le lendemain, nous partions en pirogue jusqu'à l'île de l'école de Dionewar. Là aussi, les enfants, au nombre de 60 par classe, écoutaient attentivement le maître donner sa leçon. Mais une fois que le maître pose une question, toutes les mains se lèvent en claquant des doigts et toutes les bouches appèlent le maître pour pouvoir répondre. Partout raisonnent des "M'sieur, m'sieur,m'sieur". Épatés, surpris, les Belges n'en reviennent pas. Après quelques minutes d'observation, nous découvrions le contexte dans lequel ces instituteurs, parfois bénévoles, travaillent. Plafonds noircis par la moisissure, pas d'éclairage, pas d'eau, pas d'armoire, pas de décoration, enfin rien si ce n'est que des bancs vétustes et un tableau. Les enfants , eux, ont soit une ardoise, soit un unique cahier. Pour écrire, un bic ou un crayon. Chez les grands, quelques vieux livres de math permettant de suivre le programme français.
En brousse, +/- 30 % des enfants vont à l'école, les autres vivent dans les ruelles ou aident à la maison et ils resteront certainement analphabètes.
A Pâques 2004, l'asbl Taxibrousse a aussi permis d'acheter 250 carnets ONE afin que ces personnes aient droit à des soins de santé.
Chaque jour nous apportait de la joie, des découvertes, des valeurs différentes et le sentiment de rendre des enfants heureux. On se rendait bien compte que notre action était une aide limitée mais nous étions aussi conscients qu'en multipliant ces gestes le Sénégal pourrait davantage se développer et donner à tous la possibilité d'aller à l'école et d'apprendre les bases.
A peine revenu de ce premier voyage en Afrique, je prépare déjà mes bagages pour repartir avec un groupe aussi dynamique et sympa. Je me réjouis déjà de retrouver ces enfants qu'un rien émerveille.
Une expérience qui nous a apporté à tous quelque chose. En rentrant du Sénégal , mon regard sur les autres et sur les priorités de la vie ont changé.
Merci à tous, ainsi qu'à l'asbl qui nous ont permis de vivre une telle expérience.

Georges Podgorski (Enseignant - Liège)
Responsable: Quinet J-M    Tél : 02 479 46 34