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Impressions de stage
De décembre 2004 à février 2005
Deux jeunes français ont décidé de découvrir le Sénégal en donnant à leur voyage une dimension éloignée de la vision touristique traditionnelle.
Quelques mois de préparation pour un voyage hors norme pour une logopède dynamique qui retournera sûrement dans ses nouvelles familles sénégalaises.
Quinet J-M
Président Taxibrousse asbl
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Pour ma part j'ai eu la chance de partir 3 mois. Et en 3 mois t'as le temps de t'immerger et d'intégrer un mode de vie, voire un art de vivre en opposition totale avec ce que tu as l'habitude de vivre. Et comme les habitudes sont faites pour changer, je peux remercier le Sénégal d'avoir changé les miennes.
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En bref, ce voyage au Sénégal et ma petite action au sein de Taxibrousse asbl m'ont enrichie d'expériences humaines, culturelles et professionnelles dont je pense (je suis sûre) me souvenir à vie. J'ai d'abord travaillé 1 semaine à Dakar, dans l'école RER des parcelles assainies (unité 1).
Je faisais de la remédiation logopédique en individuel avec des enfants de CE2 ayant des difficultés scolaires. Il faut savoir que les classes sénégalaises comptent en moyenne des effectifs de 70 enfants, que le matériel didactique et les fournitures scolaires sont très très insuffisants, que le niveau scolaire des parents ne permet que rarement un véritable suivi scolaire au niveau de la famille, que les programmes sont très chargés et mal adaptés aux réalités éducatives du pays (ce qui entraîne une accélération du rythme des apprentissages et augmente le nombre de décrochage scolaire dans des classes aussi chargées, que la langue de l'école n'est pas la langue maternelle (pas facile d'apprendre EN français tout en apprenant LE français)....
Bref, tout un ensemble de difficultés cumulées qui ne rendent pas la tâche facile aux instit. Pour l'anecdote, je suis arrivée le premier jour à l'école de Dakar. Le Directeur, Mr Hane m'a ouvert les portes de son école, m'a présenté tout le monde et m'a demandé où je logeais?.... Dans une auberge!.... Quoi! Mais ça ne se passe pas comme ça au Sénégal... La téranga veut que l'étranger qui fait des milliers de kms pour arriver à toi soit reçu comme un fils (j'exagère même pas...). Il m'a invité chez lui, dans sa famille. Il m'a fait partagé ses repas et son toit. Ses enfants sont devenus des frères au fil des jours. J'ai passé 3 semaines avec eux et ils restent ma famille sénégalaise. Ca c'est pour l'expérience humaine... Quelle leçon!!!
Pour l'expérience professionnelle, il y a eu aussi 15 jours à Dionewar. Une petite école sur une île, en pleine brousse. 760 enfants, 11 profs. Du taf, tu taf, du taf, pour de vrai, pour de bon... Je me suis adapté et j'ai fait avec les moyens du bord. J'ai pu pratiqué mon boulot comme jamais auparavant, avec une autre réalité, qui vaut le coup qu'on se bouge.
J'ai repris goût aux longues journées de travail. Petite difficulté quand même... Essayer de ne pas trop s'attacher aux enfants. Pas facile..
Le dernier endroit où m'a conduit Taxibrousse asbl se trouve à Dakar. Mais là, rien à voir avec une école bondée. C'est un havre de paix. C'est une pouponnière qui reçoit des enfants de 0 à 9 mois, souvent orphelin ou dont les familles ne peuvant pas s'occuper. Là-bas, je devais simplement pouponner... Que de bonheur... De 9h à 13h30 pour gazouiller, dorloter, jouer, sourire....fondre... Dans l'agitation de Dakar, cet endroit semble surnaturel. Douceur, calme et sérénité.
Il resterait encore tellement à dire. Je pense qu'une fois qu'on a mis les pieds là-bas, c'est fini, faut y retourner... En tout cas, pour ma part, je crois que c'est l'éxpérience la plus enrichissante de ma vie. La première en Afrique et pas la dernière.... |
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