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Impressions de stage
Juillet 2007 - Infirmière
Céline est étudiante Française. Céline a fait appel aux services de Taxibrousse asbl, il y a quelques mois, pour lui organiser un stage en milieu hospitalier (Samu) à Dakar durant le mois de juillet. Chose dite, chose faite... il ne lui restait plus qu'à préparer son sac, son passeport et son billet d'avion.
Quinet J-M
Président Taxibrousse asbl
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Me voilà de retour de Dakar où grâce à taxibrousse j'ai vécu une expérience inoubliable. Ce Sénégal que je connaissais sous l'angle famille, vacances et fête je l'ai soudain vu sous un autre jour, complètement différent. Cette fois je suis partie en professionnelle ou presque…
Alors bien sûr ma connaissance de certains codes culturels, du fonctionnement des sénégalais et mon " bricolage " en wolof m'a beaucoup aidé. Bien sûr, il y a eu des blocages culturels, des choses qui m'ont heurté en tant qu'européenne. Mais avec un peu de philosophie on arrive toujours à faire la part des choses.
Ce que je retiens en tant qu'élève infirmière, c'est qu'il est inconcevable de faire un copier coller avec tout ce qu'on apprend ici dans nos sociétés occidentales. Il faut oublier les protocoles et autres préconisations. Pour m'imprégner et profiter vraiment de cette expérience il faut y aller " tout neuf " sans idée préconçue, observer essayer de comprendre et peut être ensuite pouvoir agir. Mes acquis en France je les ai portés en moi sans forcément vouloir les retranscrire. Cette méthode a bien fonctionné.
En tout cas il y a eu beaucoup d'émotions qu'elles soient positives ou négatives tout m'a semblé amplifié lors de ce stage.
De plus, il faut se prendre en charge... il faut vraiment être acteur de son stage. Si on ne demande pas on ne va pas venir nous chercher.
Ce qui aura été le plus difficile pour moi est certainement le rapport à la douleur … j'ai eu comme l'impression que pour les sénégalais, on n'est pas bien soigné si on n'a pas souffert …. Comme me le disait Samba l'infirmier (qui se revendiquait être un extraterrestre !) : " Céline tu sais ici pour bien soigner il faut être sadique. Les gens n'aiment pas qu'on ait pitié d'eux et si on prend trop soin d'eux ils vont penser que tu es incompétente… " Difficile à ingurgiter pour moi alors qu'ici à l'école on nous martèle que personne ne doit souffrir sous aucun prétexte, antalgiques à gogo. On soigne le mal par le mal pensent ils….
Concrètement, le SAMU est un centre de santé assez récent assez bien équipé compte tenu des conditions sanitaires du pays. Il y a une petite unité d'hospitalisation, une quinzaine de lits, une petite maternité avec une dizaine de lits et des consultations en tout genre. Il y a même un psychiatre (mais que je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer, il n'y a pas assez de clients…) ainsi qu'une salle de soins.
Le SAMU est également doté de 3 ambulances qui interviennent principalement pour transférer des patients d'un lieu de soins à un autre, et plus rarement effectuent des interventions sur des accidentés.
J'ai eu l'occasion de prendre les ambulances pour transférer des patients. Si on dit que les gens conduisent mal à Dakar, c'est sans compter certains ambulanciers ! Certaines sorties valaient le détour.
L'équipe du SAMU est jeune récemment formée et je pense que ca influe sur la qualité des soins. Tous les patients vantent ce centre de santé, beaucoup se déplacent d'assez loin pour être soigné là-bas. L'accueil est selon eux bien meilleur qu'ailleurs, et je veux bien les croire si je m'en tiens à ce que j'ai entendu dire de ce qui se passait dans les hôpitaux et même de ce que j'ai vu lors de transferts de patients. Malgré tout cela reste loin de ce qu'on peut voir en France… mais j'ai dit pas de copier coller.

La derniere semaine j'étais à la salle de soins: pansements , injections ... c'était sympa. L'infirmier qui fait les matins est très sympathique et on a eu de grandes discussions . C'est vraiment chouette quand on peut avoir des échanges comme ca.
pour la prise en charge de la douleur, j'ai vraiment compris que pour eux c'est vraiment ancré qu'on soigne le mal par le mal . Ne pas faire mal c'est ne pas soigner . Je faisais un pansement de brulure a une petite de 2 ans et j'y allais délicatement car j'imaginais que c'était très sensible. La maman pensait que j'étais incompétente et a demandé à l'infirmier de faire le pansement qui lui n'y allait pas de main morte .... là elle était satisfaite. Sa petite avait pleuré comme il faut, maintenant elle allait pouvoir guérir...
Le major m'a demandé de faire un bilan de stage . je lui ai parlé essentiellement du problème de communication avec les patients. Souvent ils ne savent pas ce qu'ils ont, combien de temps ils restent, quels type de traitement ils ont... mais malgré tout je sais que le SAMU est vraiment soucieux de l'accueil des patients, les patients eux même le disent. Moi je n'avais pas vraiment de points de comparaison. Mes collegues qui etaient à CTO en ont vu d'autres.... on sent que dans ce centre les choses évoluent et que la nouvelle génération de soignants va surement faire evoluer les choses.
En tout cas j'ai vraiment envie d'y retourner....peut etre dans les villages, une fois diplomée... on verra ca..
Pour les élèves infirmiers et les autres, je vous souhaite de vivre une expérience comme la mienne. On relativise beaucoup de choses par rapport à notre propre système de soins, par rapport à la relation aux patients. Une expérience à l'étranger devrait presque être obligatoire dans nos cursus de formations pour nous aider à prendre un peu de hauteur…
Céline
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