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Cinq normaliennes en brousse



Cinq étudiantes de l'école normale "ISPG" de Bruxelles sont parties près d'un mois en stage dans le Sine-Saloum. Trois d'entre elles ont passé leur stage dans l'école primaire de l'île de Dionewar et les deux autres à Palmarin. Un stage riche en émotions et en valeurs ajoutées.

Quinet J-M - Président

Comment raconter en quelques lignes un mois d'impressions, de rencontres, etc. ? Je vais tout de même tenter le coup en essayant d'aller à l'essentiel.
Pour ma part, j'ai passé trois semaines à Dionewar, un village du Sine Saloum. On débarque là (au sens figuré comme au sens propre puisqu'il s'agit d'une île !) et nous voilà, dès le lendemain à l'école pour participer au levé du drapeau. Une dizaine de professeurs nous accueillent bras ouverts et le directeur, notre hôte, est aux petits soins.
Au final, ce sera avec eux que nous auront eu les meilleurs contacts, à travers des discussions sur l'Afrique, le Sénégal, l'enseignement. Nous avons tissé des liens car beaucoup de gens venaient nous saluer et discuter.
Nous devons surtout remercier Monsieur N'Dong pour son accueil, sa disponibilité : il a été un peu notre papa là bas.
Certains nous perçoivent comme des " toubabs " (banches) à qui on peut soutirer quelque chose. D'autres sont intéressés par la discussion et les rencontres. On a parfois du mal à distinguer les intéressés des autres et on prend parfois une position défensive. C'est dommage….Dans les villes surtout, dans certains quartiers, il est parfois difficile de se balader tranquillement : on vous presse de venir voir, pour la xième fois, les mêmes échoppes de souvenirs ou on vous propose de vous faire visiter.
Mais revenons à notre principale occupation là bas : l'enseignement.
A notre grand étonnement, nous avons des classes relativement petites (35 enfants). Après une semaine d'observation, nous commençons à enseigner. C'est parfois difficile, surtout dans les petites classes, car les enfants ne parlent pas encore bien français. Mais le maître est là pour nous aider.
Les réflexions sur l'enseignement fusent : nous discutons le soir de nos impressions parfois très critiques. De ces critiques (l'enseignement est parfois très magistral) naît l'envie de changer de sujet de TFE : " Et si nous faisions notre tfe sur l"Eveil au Sénégal ? ". Et c'est parti….
Nous sommes reveues bronzées (il faisait chaud…parfois très chaud… !), prêtes à travailler sur un sujet de tfe motivant, les poches pleines d'adresses de différents contacts, dont les plus importantes pour nous sont les adresses des professeurs rencontrés là bas, et surtout la tête un peu pleine : il nous faudra encore quelques semaines pour pouvoir faire notre bilan personnel !
On a dû présenter nos projet à l'Ecole normale. Nous avons eu le premier prix pour le projet le plus ambitieux. Il faut dire qu'on a été beaucoup aidées. Je pense que ça aurait été, si pas impossible, du moins très difficile sans Taxibrousse asbl.

Bernard Catherine - Etudiante ISPG

Durant nos études d'institutrice primaire, nous avons eu l'occasion de réaliser un stage à l'étranger. Depuis longtemps, nous souhaitions partir en Afrique, découvrir un nouveau continent, une culture différente,...
Nous nous sommes donc renseignées et avons contacté Taxibrousse.

Après une réunion avec Jean-Marc Quinet afin de savoir exactement ce que nous désirions réaliser comme stage, les choses commençaient à se concrétiser.Nous partirions un mois dont 3 semaines à Palmarin, dans la brousse et une semaine touristique afin de découvrir le reste du pays.

Un matin, le 11 mars 2006, jour du départ, dans quelques heures, nous serons en Afrique !!! Prête pour l'aventure ??? oui et non...mais est-on vraiment à 100 % prête un jour ???
Après avoir pris deux avions, et montré une trentaine de fois notre passeport,...lol Nous arrivons, logeons à Dakar pour notre première nuit puis rejoignons Samba, celui qui s'occupe de notre transfert vers Palmarin.Durant les 6 heures de trajet, nous découvrons le paysage, à chaque feu, des vendeurs nous accoste pour nous vendre n'importe quoi : du paquet de cacahuètes au néon, tout y passe !!!
Tout à coup, Samba nous annonce que nous sommes arrivées à Palmarin. Nous regardons à gauche, rien! A droite, rien! Devant, rien! Derrière, rien. Et, là un grand sentiment de désespoir nous envahit, qu'est-ce que nous sommes venues faire ici...on ne voit que des baobabs...on savait qu'on partait dans la brousse mais quand même...

Nous continuons à rouler et oufff, nous voyons enfin des villages, des habitants, des maisons,... On nous dépose à Palmarin où on trouve Lydie qui s'est occupée de notre logement, elle nous emmène donc. Et c'est parti pour trois semaines dans le petit village de Palmarin N'Gounoumane.

Très vite, nous faisons la connaissance de pas mal de monde. Et oui, ici, ce n'est pas la ville, tout le monde se connait. Et puis...ne l'oublions pas, c'est la TERANGA (terre d'accueil). Jamais une journée ne se passe sans que plusieurs personnes ne viennent voir comment nous allons, s'il ne nous manque rien,... au début, nos habitudes européennes font que nous nous méfions quelque peu...que nous veulent-ils ? Mais, très vite, on se rend compte que tout est gratuit, c'est comme ça ici, on est venu en tant que bénévoles alors il faut que tout se passe bien pour nous !
A l'école, les enseignants et le directeur sont très accueillants, ils nous parlent de leur vie sénégalaise, de leur profession, de leur pays,...et nous considèrent comme des enseignantes à part entière! Ca fait du bien...

Nous découvrons donc l'enseignement sénégalais : ses méthodologies tellement magistrales..., sa discipline qui fait souvent mal,...
Les sénégalais rigolent beaucoup de notre crainte des moustiques. En effet, après 20h, nous devons avoir prix notre douche, est habillées en long et s'être vaporisées de produit en n'oublions évidemment pas notre médicament quotidien...


Après quelques jours d'observation, nous choisissons une classe où nous donnerons respectivement cours, les sujets de préparation nous sont donnés la veille et il n'y a pas de manuels,...ca nous change mais ça se passe bien...ouf!
Durant nos week-ends, nous allons voir les autres qui se trouvent à Dionewar et vice-versa.
Mais voici déjà le troisième week-end, le départ pour une semaine touristique...
Nous sommes alors très tristes de quitter Palmarin, petit village où nous ne reviendrons peut-être jamais mais qui sait...Inch allah comme on dit là-bas..
. Durant la semaine qui a suivi, équipées de notre sac à dos, guide du routard et plans divers, nous visitons l'île de Gorée, Saint-Louis,...
Ensuite, nous restons loger à Dakar, chez une européenne et retrouvons quelques habitudes bien belges...le poulet yassa a été remplacé par un steack frites les toilettes turques par un vrai WC : il ne faut plus prendre sa lampe de poche et son rouleau de papier toilette, en veillant aux éventuelles fourmis qui traineraient par là... le bidon d'eau et le seau par une douche chaude, trop chaude, les petits plaisirs belges comme le chocolat cote d'or sont de retour.
Là, nous découvrons une autre vie sénégalaise. En effet, ici, nous ne sommes pas venues pour faire du bénévolat, on est "toubab" ce qui signifie pour beaucoup de sénégalais "riches", on veut donc nous faire acheter et visiter tout et n'importe quoi, nous arnaquer...mais on ne se laisse pas faire, nous les belges...tout en le leur faisant comprendre gentiment ;-)
Ca y est, le jour du retour est arrivé.

Il n'est pas facile de quitter ce pays où nous avons vécu tant de choses, qu'expliquer à notre famille et nos amis, surtout à ceux qui n'ont jamais mis les pieds en Afrique, comment leur décrire cette aventure,...???

On passe la douane,on retrouve nos proches, le temps grisâtre caractéristique de la Belgique, les gens qui font la gueule, les magasins fermés après 18h,...
On retrouve notre Belgique avec ses défauts et ses qualités...ça y est, on est chez nous...
On apporte une petit touche africaine à notre chez nous : chaises sénégalaise, cadres, statuettes et mêmes des mini baobabs !
Quelques souvenirs si maigres par rapport à tout ceux qu'on a dans notre tête...
Merci de nous avoir aidées à réaliser ce voyage
Sandrine et Mélanie - Etudiantes ISPG
ps : si une telle aventure vous trotte dans la tête, n'hésitez pas, rendez-là concrète !!!
Responsable: Quinet J-M    Tél : 02 479 46 34